* Le retrait de BlackRock dû à la situation politique-source
* L'Etat pourrait être contraint d'intervenir à nouveau
* La BCE a fixé à mi-mai la date butoir pour les
investisseurs
(Actualisé avec ministre de l'Economie)
par Stephen Jewkes
MILAN, 9 mai (Reuters) - Le gouvernement italien se démène
pour tenter de trouver une solution pour Banca Carige CRGI.MI ,
dont le projet de sauvetage est mis en péril après le retrait de
BlackRock BLK.N , Rome voulant éviter une nouvelle coûteuse
intervention publique pour sauver une banque.
BlackRock, Le numéro un mondial de la gestion d'actifs n'a
pas donné d'explication à ce retrait, ni Carige. Ce plan était
justement destiné à éviter à l'Etat de mobiliser l'argent public
pour réaliser un quatrième sauvetage de banque italienne en deux
ans.
Le ministre de l'Economie Giovanni Tria s'est dit confiant
dans une solution qui ferait appel au marché pour renforcer les
fonds propres de la banque génoise.
Les trois administrateurs spéciaux, placés à la tête de
Carige par la Banque centrale européenne en raison d'un risque
de faillite, cherchent un autre investisseur et le travail
accompli jusqu'ici ne sera pas perdu, a déclaré le ministre à
des journalistes.
La situation politique en Italie, marquée par des rumeurs de
chute prochaine du gouvernement, et l'impossibilité de maintenir
sa participation dans Carige sous les 25% du capital au vu de
l'évolution du dossier ont persuadé BlackRock de faire marche
arrière, selon une source proche du dossier.
Dans le cadre du projet abandonné, BlackRock devait
souscrire à une émission de titres Carige de 720 millions
d'euros, et les grandes banques italiennes devaient convertir en
actions 320 millions d'euros d'obligations hybrides de Carige
acquises en novembre 2018. Mais sans investisseurs
supplémentaires, BlackRock aurait dépassé le seuil des 25% du
capital.
Carige a dit qu'elle cherchait sur les marchés d'autres
solutions pour renforcer ses fonds propres, tout en ajoutant
qu'elle pourrait aussi solliciter un soutien de l'Etat.
"Nous allons évaluer les autres solutions de marché destinée
à garantir la stabilité et le redressement de Banca Carige", a
déclaré la banque dans un communiqué. "Il demeure dans tous les
cas possible d'activer (...) une demande de recapitalisation
préventive auprès du ministère de l'Economie."
Le gouvernement italien a mis de côté un milliard d'euros
pour financer l'achat de titres Carige au cas où la banque ne
parviendrait pas à trouver de nouveaux investisseurs privés.
La BCE a fixé à mi-mai la date butoir pour la présentation
par les investisseurs d'offres contraignantes pour Carige, ont
précisé des sources. Elle a déclaré jeudi avoir été informée des
derniers développements et être en contact avec les
administrateurs spéciaux de la banque.
Carige, dont le principal actionnaire est la famille
Malacalza, souffre depuis des années de problèmes
d'administration et de sa forte exposition à la Ligurie, région
du nord-ouest de l'Italie en proie à des difficultés
économiques.
Plus généralement, les banques italiennes pâtissent ces
derniers temps des incertitudes politiques et de la dégradation
des perspectives économiques de l'Italie, ce qui a poussé à la
hausse les rendements des emprunts d'Etat de la troisième
économie de la zone euro et déprécié ainsi leurs importants
portefeuilles obligataires.
Autre signe de l'impact du contexte politique et économique,
UniCredit CRDI.MI , première banque d'Italie en termes
d'actifs, a annoncé mardi une réduction de son exposition à la
dette souveraine italienne.
Son administrateur délégué Jean-Pierre Mustier a cependant
assuré jeudi que "l'engagement (d'UniCredit) envers l'Italie n'a
jamais été aussi fort".
(Avec Andrea Mandala, Bertrand Boucey et Dominique Rodriguez
pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)
Rome se démène pour Carige après le retrait de BlackRock
information fournie par Reuters 09/05/2019 à 19:03
© 2026 Thomson Reuters. All rights reserved.
Reuters content is the intellectual property of Thomson Reuters or its third party content providers. Any copying, republication or redistribution of Reuters content, including by framing or similar means, is expressly prohibited without the prior written consent of Thomson Reuters. Thomson Reuters shall not be liable for any errors or delays in content, or for any actions taken in reliance thereon. "Reuters" and the Reuters Logo are trademarks of Thomson Reuters and its affiliated companies.
A lire aussi
-
La fièvre monte à trois jours du second tour des élections municipales, en particulier dans les grandes villes où les scrutins sont très serrés comme à Marseille, Toulouse et Toulon. Après une grande confusion sur le nombre de participants au débat entre candidats ... Lire la suite
-
Voici les derniers événements liés à la guerre au Moyen-Orient, entrée dans son 20e jour jeudi : . Netanyahu dit que l'Iran n'a plus aucune capacité d'enrichir l'uranium et de produire des missiles balistiques "Après 20 jours, je peux vous annoncer que l'Iran n'a ... Lire la suite
-
Traite d'enfants en Russie, prostitution dans d'autres pays, affaires Epstein et DSK... Accor a été la cible jeudi d'un rapport virulent du fonds spéculatif Grizzly, qui l'a fait chuter en Bourse, le géant hôtelier français démentant ensuite fermement Accor "dément ... Lire la suite
-
La tension est montée d'un cran jeudi dans la campagne parisienne: le candidat de la gauche hors LFI aux municipales Emmanuel Grégoire a accusé Emmanuel Macron d'être "intervenu" pour "aider au retrait" de la candidate d'extrême droite Sarah Knafo, s'attirant des ... Lire la suite
Mes listes
Une erreur est survenue pendant le chargement de la liste
0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer